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dimanche 18 janvier 2009

Grâce aux traces qu'il laissait sur le net, un journal écrit la biographie d'un inconnu

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Anniversaire, vacances, gout musicaux, amis, son job, le journal le Tigre a rassemblé tout ce qu'il a pu sur un inconnu (que nous nommerons...John), qui ne se souciait visiblement pas de sa vie privée numérique. Salarié d'un cabinet d'architecture dans l'agglomération de Nantes, John a été prévenu par un collègue de l'existence de cette biographie.

Je te connais très bien
"Bon anniversaire, John. Le 5 décembre 2008, tu fêteras tes vingt-neuf ans. Tu permets qu’on se tutoie, Jonh ? Tu ne me connais pas, c’est vrai. Mais moi, je te connais très bien.", ainsi introduit le journal son premier portrait Google.
Le principe de cette rubrique est simple, le Tigre enquête sur un inconnu et rédige sa biographie en se basant sur toutes les traces laissées sur Internet.

Il laisse son numéro de portable accessible à tous
On pourrait se dire, chouette, je vais enfin avoir mon heure de gloire! Allez dire ça à John qui a pu voir sa vie déballé par un journaliste qui justifiait chacune de ses informations par une source entre parenthèse. Ainsi l'auteur de l'article a pu appelé Jojo sur son portable, connait même le type de fille de John : « petits seins, cheveux courts et belles jambes... », et ses destinations de voyage : "Alors, John. Belle gueule, les cheveux mi-longs, le visage fin et de grands yeux curieux. Je parle de la photo prise au Starbuck’s Café de Montréal, lors de ton voyage au Canada, avec Helena et Jose, le 5 août 2008."

Des sources publics
Forcement, ça doit secouer un peu le ciboulot de lire cet étalage de souvenirs "priblic". John a d'abord pris le truc avec le sourire, "Mais quand j'ai commencé la lecture, cela m'a fait pâlir", confie-t-il au quotidien nantais Presse Océan. Le jeune architecte a alors appelé la rédactionet a échangé quelques mails avec l'auteur qui s'est excusé d'avoir nommé son employeur, mais ne regrettait pas d'avoir été au bout de son expérience : « Je n'ai travaillé qu'à partir de sources publiques. C'est bien tout le problème des informations que tu as publiées »
Dans un cas pareil, la Commission nationale de l'informatique et des libertés ne peut rien faire : "Le fait même d'entrer dans ce type de réseau revient à accepter de réduire son périmètre d'intimité" indique Alex Türk, président de la CNIL.

John n'est pas un cas isolé, et c'est ce que veut montrer le Tigre par cet article, le premier d'une longue série? Pour preuve ce cas rapporté par la CNIL : "Lors d'un entretien d'embauche, un jeune homme s'est vu présenter une photo de ses fesses. Ses employeurs potentiels l'avaient trouvée sur Internet. Cette image était la conséquence d'une soirée arrosée. Il n'a pas eu l'emploi."
Si John a désormais "vérouillé" sa vie privée, la tendance chez les jeunes va plutôt dans le sens contraire. est-ce de l'exhibition ou du narcissisme?
En tout cas, les CNIL européennes aimeraient mettre en place des "garde-fous" avant la fin de l'année, afin de permettre aux internautes du Web d'effacer leurs données dès qu'ils le souhaitent.

Biographie de "John"

A lire : Facebook tombe dans l'illégalité

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