Tout le monde commence à le savoir, HADOPI, loi sauveuse de la culture mondiale, a été "voté" jeudi dernier. Cet article, pour une fois, ne tentera de démontrer l'absolu absurdité technique de ce texte, mais posera juste des petites questions sur le devenir des distributions libres en France.
Oui car si on connait tous les paragraphes de la riposte gradué, des lettres de recommandation et des spams d'injonction, on connait moins bien le petit alinéa à propos de l'installation d'un logiciel espions.
En effet se rendant compte que l'accusation à partir d'une adresse IP étant plus qu'hasardeuse, Albanel a "proposé" pour prouver votre innocence d'installer un logiciel espion (payant soit dit en passant). Même si on avait vu le coup venir avec Colonna et Coupat, aujourd'hui ce n'est plus à la justice de prouver que vous êtes coupable, mais c'est à vous de prouver que vous êtes innocent!
Outre le fait que ce logiciel soit payant, il est également non-interopérable. C'est à dire qu'en gros il ne peut fonctionner que sous Windows. Si cela ne gêne pas 80/90% des gens, les honnêtes Geek sous Ubuntu, Suse et j'en passe tirent un peu la gueule. Pas fan de tout ce discours sur la quintessence du libre, il faut tout de même savoir qu'installer un logiciel espion est incompatible avec les licences des logiciels libres. Quand on parle de libre, on pense de suite à Linux, système d'exploitation "libre" (gratuit, avec un code source ouvert afin d'éviter justement des problèmes de spyware...entre autre).
Alors peut-on conjecturer la fin des distributions libres en France? Leur mise hors de la légalité?
Si vous petits internautes lambda vous vous en foutez, sachez que les réseaux professionnels, scolaire, utilisent le plus souvent des routeurs (genre de panneaux de directions de l'internet) qui tourne sous Linux/Unix. Par extension si on interdit le libre, le gouvernement pourra aussi s'attaquer à l'open source, et de tous les logiciels qui en découle.
Par exemple Open Office pourrait devenir illégal!
Ensuite un problème qu'a zappé le gouvernement ("un"?) c'est qu'un logiciel espions est connecté à un serveur. Il doit donc ouvrir une "porte" sur votre PC pour pouvoir envoyer les informations vers le dit serveur. C'est ce que l'on appelle une "backdoor", ou une "porte dérobé". Ce type de porte est utilisé par les trojans ou chevaux de Troie.
Vous commencez à comprendre? Eh oui si le gouvernement ouvre une porte sur votre ordinateur, il créé une faille de sécurité qui pourra être utilisé par des hackers moins bien intensionné (quoi que, peut il y avoir pire qu'HADOPI?). En gros l'anti-virus et le par-feu que vous payez 100€/an (ba oui plus question de télécharger maintenant!) vous sera totalement inutile.
Si on connait encore mal les utilisations de ce logiciel espion, cela est une "backdoor" vers une censure du net. Le filtrage des sites "non-gouvernementalement acceptables" sera une possibilité. Théoriquement c'est assez simple à réaliser, mais au pire on demandera des cours au chinois!
Autre petite remarque qui a peu à voir avec le spyware made in France, c'est que le gouvernement prévoie de modifier l'indexation dans les moteurs de recherches (google, yahoo,...) des offres légales, et mettra en avant les liens commerciaux...mais lesquels? Il est a prévoir que les copains du patron de la France obtiennent la première place...
Il est encore temps pour faire changer les choses : contacter votre députés!
A lire : 10 manières de contrer HADOPI
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Mais non Open office ça restera legal ! Meme Christine nous dit que Open Office en fait, c'est le pare feu du gouvernement ! :D
lol ouais c'est vrai que Open Office est le logiciel de sécurisation du ministère de la culture...
Pour ceux qui auraient loupé ça :
Voici un court extrait d'une intervention un peu confuse de Christine Albanel, mercredi, en réponse à une question de Christian Paul s'inquiétant des éventuelles conséquences des dispositifs de sécurisation sur le logiciel libre.
« Sur les logiciels… sur l’affaire des logiciels libres, évidemment les logiciels libres, quand on achète, évidemment des logiciels, par exemple le pack Microsoft (ça c’est pas du logiciel libre) : Word, Excel, Powerpoint, il y a évidemment des pare-feux, je viens de le dire, il y a des logiciels de sécurisation. Mais sur les logiciels libres vous pouvez également avoir des pare-feux, qui d’ailleurs, mais évidemment. Par exemple, nous au ministère, nous avons un logiciel libre, qui s’appelle Open Office et il y a effectivement un logiciel de sécurisation qui empêche en effet le ministère à la Culture d’avoir accès, bien sûr, et les éditeurs de logiciels libres fournissent des pares-feux, et fournissent même des pare-feux gratuits. Donc cet argument est sans fondement. Voilà ce que je voulais dire. »
Et pour les Mac friends, je doute aussi que leur spyware (de merde) existe.
Mac Linux meme combat, en route pour l'illegalite
Le plus drôle dans l'histoire ça sera quand le DSI de l'Assemblée Nationale va tenter d'expliquer aux députés que dorénavant ils seront dans l'illégalité avec leur poste de travail professionnel, puisque leur OS est dorénavant Gnu/Linux Kubuntu...
Et les gendarmes ? ils vont faire comment les gendarmes ?
Vive les premiers procès contre Hadopi, avec l'argument de l'article 1 de la constitution. Il y a fort à parier que les juges iront dans le sens de l'utilisateur de logiciel libre.
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