Disponible pour les habitants de la région nantaise sur la 7, 208 pour les freenautes et 408 pour les abonnés numéricâbles, la chaine made in Nantes boit un peu la tasse dans la Loire. La faute en parti à Ouest-France, l'actionnaire principal avec 35,6 % des parts, qui souhaite se désengager.
Nantes 7 et TéléNantes, quelle différence?
Nantes 7 est une chaîne locale privée qui émet depuis 2004 sur la grande majorité du département Loire-Atlantique (44). A l'époque le CSA attribua au canal hertzien nantais un double projet : Nantes 7 et Télénantes . Les deux chaînes se partageront l'antenne mais Télénantes n'émettra que 6 heures par jour et à N7 de boucher les trous le reste du temps.
Télénantes est une chaîne associative qui vit grâce aux subventions de la ville de Nantes tandis que Nantes 7 est totalement privée et ne reçoit donc aucune subvention des collectivités.
Des négociations de fusions en catimini
Et cette différence de source de capital, "c'est la merde" comme le qualifie quelqu'un en interne. En janvier on apprenait par le biais de Com&Médias que le gros poisson de la presse de l'ouest et la mairie de Nantes tablaient depuis plus de 6 mois sur un projet de fusion des deux chaînes. Pour le premier, le rapprochement était vitale au vue de la crise publicitaire traversée, mais pour la seconde : "il n'y a pas de discussions entre les deux chaînes".
Une affaire politique
Ce possible mariage avait fait péter certains de travers, notamment les partisans socialistes qui craignaient que le monstre UMP (des élus faisant partis des actionnaires) n'étende son venin sur la ligne éditoriale de la libre et toujours objective chaine TéléNantes. Il aurait alors semblé bizarre que saint berger Ayrault, maire PS de Nantes, laisse le loup de droite grignoter son petit agneau.
Un refus lourd de conséquence
Le 15 juin 2009 on apprend via la lettre API que les deux parties n'ont pas réussi à s'entendre (il y avait donc bien des négociations, contrairement à ce qu'affirmait la mairie de Nantes en janvier). Les négos étaient arbitrées par l'avocat Jean-Pierre Mignard, mandaté par la ville de Nantes et le conseil général de Loire Atlantique. Ouest-France serait donc tenté de se barrer tant qu"il en est encore temps. En se retirant, le "gros" fait donc appel d'air, et risque d'entrainer avec lui les actionnaires minoritaires (Harmonie mutualité, Synergie, Caisse d'épargne et le Télégramme de Brest). « Dommage, car le dépôt de bilan coûtera aussi cher qu'une recapitalisation », affirme un proche du dossier dans la lettre de l'API.
Une autre solution pourrait être un pilotage national des chaines locales par France Télévision. Mais ce scénario entrainerait tout de même une baisse des moyens.
Nantes 7 a perdu près d'1,5 M€ l'année dernière, tout en ayant généré 860 000€ de recettes publicitaires. Un conseil d'administration est prévu pour le 7 juillet, mais les employés sont pessimistes...l'absence de leur chef n'aidant pas : "Le directeur de la chaîne est toujours absent, je l'ai vu 2 fois en un mois", confie un employé avant de conclure : "il va lâcher le navire". Même les actionnaires sont plein d'espoir : "Nantes 7 est au bord du dépôt de bilan".
Dommage, on n'aura plus le droit au quotidien "Journal des Canaries"...quoique, était-ce nécessaire que l'on nous rappelle tous les jours ô combien pitoyable ils sont?
A lire :
- Pourquoi préserver TéléNantes du groupe Ouest-France ?
-Les socialistes vont-ils abandonner la télé locale "de service public" à Ouest-France ?
Sources :
- la lettre API
- sources internes (que je remercie pour ce "scoop"!)
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