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dimanche 28 juin 2009

Paris-Match piégé par deux étudiants

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 Vérifier ses sources dans le journalisme semble devenir un luxe que seuls les petits journaux provinciaux peuvent se permettre. Fort d'une solide réputation, les "nationaux" doivent se dire que de toute façon c'est eux qui font "l'histoire" et que jusque là peu s'en sont plaint. Dernier exemple en date un photoreportage sur la précarité étudiante 100% bidon, qui a remporté un prix décerné par Paris Match.


La 6ième édition du grand prix 2009 du photoreportage étudiant, organisé par Paris Match, a vu gagner le travail réalisé par deux étudiants aux Arts Déco de Strasbourg. 24 lignes de texte et 16 photos représentant le quotidien de master SDF ou de licence sans-abris.

Les légendes font parler les clichés à la première personne, renforçant le côté dramatique : "Je ne peux pas aller au Restaurant Universitaire tous les jours, et je n’aime pas aller aux Restos du Coeur. Alors je fais les fins de marchés", sans oublier le classique "Pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit" , ou encore "Après les cours, je suis portier dans une boîte en Allemagne. C’est pas déclaré, mais ça me fait 50 euros la nuit. Du coup, je dois faire deux heures de transport aller-retour chaque jour pour m’y rendre."

Un des deux reporters s'amuse : "On avait exagéré les photos, on avait écrit les légendes à la première personne pour bien faire larmoyer [...] On pensait que ça serait trop mais ils ont quand même aimé". Légendes bidons, photographies mises en scènes avec des camarades, rien n'est trop gros pour les marchand de scoops. C'est lors de la remise des trophées mercredi dernier que les auteurs du reportage "Etudiants. Tendance Précaire" (paru le 25 juin dans Paris Match) ont révélé la supercherie. Au sein des prestigieux murs de la Sorbonne, l'annonce par les lauréats du reportage bidon a fait blêmir le jury...qui n'a pas du réaliser de suite ce qui se passait, car décernant quand même le chèque gratifié d'un "bravo" au deux Pinocchio.

Ce n'est que le jeudi que le journal s'est remis de cette gueule de bois et a déclaré que la "mise en scène photographique (...) éloigne (les étudiants) du règlement du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant (...) et de la philosophie que défend le magazine depuis 60 ans". Il faudra m'expliquer de quelle philosophie on parle, tout ce dont nous sommes sûr aujourd'hui c'est que si le trophée a été annulé, le chèque lui a quand même été maintenu à l'intention de l'ESAD.

"On s'est dit que ça serait une bonne occasion de dévoiler les mécanismes d'une certaine presse qui ne vérifie pas ses sources et privilégient l'information sensationnaliste et racoleuse" confie un des lauréats. Mais visiblement, chez PM, ils n'ont pas retenu la leçon : Olivier Royant, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, se défend comme il peut "le succès du Grand Prix repose, depuis six ans, sur la confiance et l'attachement des participants aux valeurs du photojournalisme". Sauf que mon coco, la confiance n'exclue par le contrôle ... c'est quand même grave qu'un directeur de rédaction n'est pas cette petite phrase en tête.







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