dimanche 30 août 2009

Au pont des arts, on y danse, on y danse, ...

par Ronan 0 comments
Tag

Ça va, pour le moment je gère. On va dire que pour moi ce n'est pas vraiment la première fois, mais pour ces deux là si. Nous avons commencé par ce truc de Pologne, puis un peu de mongolienne. J'ai pris en plus avec Marth' un autre truc, une espèce de pâte, j'avais jamais vu ça.

Je connais exactement les effets : Fourmillement au cervelet, puis légère pression à la jointure des lobes frontal, pariétal et temporal : c'est mon cortex primaire d'audition qui s'affole. J'ai l'impression de marcher sur un nuage. Chaque crissement de pneu, bruissement du vent, fracas métallique résonnant dans cette belle ville de Paris se transforme par la magie de la chimie en une musique à écoute unique composée pour et par moi.

A partir du moment où l'on connait les causes et effets, il n'y a pas à avoir peur. Mais je dois avoir un œil sur les deux autres loustics. On s'est rencontré dans un bar alors que je parlais avec Marth'. Ils sont là pour le Week-end, et je leur ai promis de leur faire voir la ville de l'amour comme jamais il ne l'avait vu auparavant. J'ai donc un engagement envers eux.

Le grand maigre semble planer au plus haut de la stratosphère. Ses mouvements sont amples, calmes, un léger sourire en coin se dessine sur son visage. Chacun de ses pas atterrissent sur le talon, puis le pied s'enroule dans une rare grâce jusqu'à ce que seule la pointe des pieds n'ait de contact avec les trottoir du quai Voltaire. Ses yeux grand ouvert se nourrissent de chaque particule de lumière et alimente ainsi en image psychédélique son cerveau en transe.

Même s'il semble complètement hors de contrôle, c'est plus son pote qui me préoccupe. Nerveux, je pense qu'il doit voir des trucs et qu'il ne l'accepte pas vraiment. Ce qui me fait peur, c'est s'il venait à croire qu'un gosse est au milieu de la route et essaye de le sauver car une voiture arrive. J'ai déjà vu ça à Bucarest...ça c'est fini en confiture sur un poids lourd...enfin sous un poids lourd plutôt.

Je ne le quitte pas des yeux, depuis tout à l'heure il est à 2-3 mètres du bord du pont, et je n'aime pas trop ça...Mais...il monte sur le rebord! Je le savais que celui là allait nous mettre dans la merde. Je lâche la main de Marth' et me précipite vers le bonhomme. Et alors qu'il commence à se laisser tomber dans le vide, je tend ma main vers lui, en calant les pied comme un grappin sur le bloc de pierre. Ses mains vont passer à quelques centimètres des miennes...je me grandis...je glisse...


...

-"...non il a simplement lâché ma main et a sauté dans la Seine en criant des trucs".
-" Merci mademoiselle, un infirmier va vous prendre en charge, suivez moi".



Retrouvez cette nouvelle et bien d'autres sur la page "Les petites histoires de SICW"
Article protégé par

Videodrome

Recevez les derniers articles par mail
Ajouter à votre lecteur RSS

Blogroll et Amis

My Twitter Les derniers Tweets

locations of visitors to this page

Tous les articles ici présents sont sous licence Creative Common