Comment HADOPI & Co vont tuer l'industrie du multimédia
Alors que la Grande Bretagne planche elle aussi sur son HADOPI version sauce à la menthe, une étude indépendante anglaise met en branle les plans de son pays. Cette étude prouve ce que nous savions déjà : les téléchargeurs sont les plus gros consommateurs de produits multimédias, et notamment de musique. N'en déplaise aux majors, à la SACEM, l'ALPA, la BEFTI, Frédéric Mittérand ou autre Albanel, nous allons vous délivrez la preuve en chiffre.Le Peer-To-Peer : un pilier de l'économie multimédia
Nous vous en parlions déjà en janvier dernier : oui le téléchargeur est une ressource indispensable aux majors. C'était tout du moins la conclusion de l'étude de 140 pages du cabinet indépendant TNO. Le téléchargeur consomme, et pas besoin d'être un génie pour le savoir.
Un téléchargeur a besoin d'une connexion haut-débit, d'un ordinateur à grosse capacité de stockage et assez récent pour pouvoir gérer le téléchargement simultané de dizaine de fichiers. Il est friand de disque dur externe (500 Go, 1To voir plus maintenant) à une centaine d'€ pièce. Et pourquoi pas la petite clef USB 16/32/64 Go pour trimbaler la dernière fournée de séries chez un copain, la platine DivX vendu par Sony lui même, le rétroprojecteur pour les soirées film, le kit d'enceintes 7.1 pour apprécier la musique, ...
En interdisant le téléchargement, les gouvernements et majors ne pensent pas aux apports pécuniers indirects. Mais TNO allait plus loin dans sa réfléxion, en avançant que les "euros de perte pour les industries sont compensés du double par l'envie d'acquérir des contenus découverts via le P2P". Et c'est là dessus que se concentre la nouvelle enquête brittanique, réalisé à partir d'un sondage IPSOS.
Un téléchargeur dépense deux fois plus que la moyenne en musique
Les personnes qui téléchargent (illégalement) sont celles qui dépensent le plus en musique (légalement). Le sondage publié aujourd'hui, et dont le journal The Independent nous livre le résultat, montre que ceux qui admettent télécharger dépense en moyenne 77£ (~86€) par an en musique...soit 33£ (~37€) de plus que les "honnêtes" gens.
"La dernière approche du gouvernement n'aidera pas à consolider une industrie musicale souffrante. Politiciens et majors doivent reconnaitre que la nature de la consommation de musique a changé, et que les consommateurs exigent des prix plus bas et un accès plus facile", a déclaré Peter Bradwell, du groupe de réflexion Demos qui a commandé ce sondage Ipsos-Mori.
Une équation pourtant simple à comprendre
Posons nous une question : Pourquoi est-ce que Monsieur X télécharge de la musique?
Réponse :
a) il a pas d'argent
b) il est trop fainéant pour aller au delà de son ordinateur pour s'en procurer
c) c'est un gros méchant pirate
d) la réponse d
Et si la solution était tout bonnement : "parce que Monsieur X aime la musique". Et c'est également le point de vue de Mark Mulligan (Forrester Research) : "Les gens qui partagent des fichiers sont ceux qui sont intéressés par la musique. Ils utilisent le partage de fichiers comme un mécanisme de découverte."
Les HADOPI-like sont inutiles, contre-productifs et coûteux
Notre loi contre le téléchargement arrivent bientôt en France. L'Allemagne en a discuté, la version anglaise est sur ses rails. Pourtant nombre de "spécialistes" (toujours plus spécialistes que nos ministres, entendons nous bien) ont démontré l'inutilité de ces dispositifs. Streaming, Direct Download, Newsgroup, HADOPI et le battage médiatique "anti-pirate" n'a fait que radicaliser la scene du téléchargement. HADOPI s'attaque uniquement au peer-to-peer, une méthode de partage sur le déclin.
De plus cette loi coutera cher (estimé à 100 millions d'euros par la Fédération Française des Télécoms) et n'aura aucune retombée financière directe pour les artistes. Et si l'on suit la logique développée ci-dessus, nous voyons que tenter de réduire le téléchargement illégal empêchera les partageurs de tester avant d'acheter.
Cette nouvelle étude indépendante montre une fois de plus que la chute du téléchargement illégale entrainera inévitablement une baisse direct des revenus des artistes, une baisse des revenus des produits dérivés du téléchargement, et une baisse des abonnements très haut-débits.
Les artistes sont très divisés par la question du BritisHadopi. Tandis que James Blunt et Lily Allen craignent pour leur porte-monnaie et soutienne la loi anglaise contre le téléchargement, Shakira, elle, trouve que le partage de fichier la rapproche de ses fans.
Soulignons également le pas en avant de Virgin et Universal qui envisage de lancer le premier service permettant aux souscripteurs de télécharger et garder sans limites tous les titres du catalogue d'Universal. Le droit d'entrée serait autour de 15 £.
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