par Ronan
C'est incontestable, MegaUpload (spécialisé dans le stockage de fichier en ligne) est le grand gagnant de la loi Hadopi en France. La Haute Autorité se concentrant actuellement sur le P2P, le monde du warez et du Direct Download ne s'est jamais aussi bien porté. Mais méfions nous, car les gusses de la rue Texel ont bien des moyens pour endiguer cette pratique.
Le téléchargement illégal se concentre autour d'un petit cercle d'acteurs
Le Peer-to-Peer, pair à pair en français, a été une révolution lors de sa démocratisation. Jusque là, la plupart des systèmes informatiques se basaient sur le modèle client-serveur : quand vous vouliez une information, il fallait absolument s'adresser au serveur.
L'échange pair à pair a permis de sortir de cette routine, en créant un maillage entre tous les membres d'un réseau P2P. Ainsi, même si un des membres coupe son "peer", l'information est toujours disponible aux autres.

Le P2P n'est pas une technologie illégale. Elle a permis par exemple de partager des calculs pour des recherches scientifiques entre des milliers d'ordinateurs familiaux, et ainsi gagner en performance tout en réduisant les coûts.
Par contre l'échange de fichiers copyrightés est lui illégal. Et étant incapable technologiquement d'arrêter chaque pair de partager ses fichiers, les législateurs ont décidé de mettre en place une réponse juridique : la loi Création et Internet.
Depuis, les modes de partage ont évolué, les téléchargeurs privilégiant le Direct Download et le Streaming. Or ces solutions comportent deux inconvénients majeurs :
- Un petit nombre d'acteurs : pour pouvoir garantir la disponibilité d'un fichier à tout moment, il faut que le fournisseur ait de très grosses connexions internet, des capacités de stockage importantes et un système de sauvegarde performant. Cela demande de gros moyens que seuls des sites comme MegaUpload, Rapidshare, dl.free.fr, (pour les plus connus) peuvent mettre en place.
- Une architecture client-serveur : fini le maillage total entre utilisateurs, quand un téléchargeur veut un fichier, il doit passer obligatoirement par le serveur central.
Il devient alors simple pour l'Hadopi de mettre en place (ou demander aux opérateurs telecoms de le faire ) un système de filtrage, interdisant l'accès aux TOP5 des stockeurs de fichiers en ligne genre MegaUpload. La liste s'allongerait au fur et à mesure des migrations d'utilisateurs vers de nouveaux sites.
Mais l'Hadopi ne peut pas demander le blocage d'un site?
Pour le moment, non. Mais on sait que cela est possible, pour les sites pédopornographiques par exemple.
En effet la loi LOPPSI, dans son volet Lutte contre la cybercriminalité, Informatique et Internet, prévoit :
- une liste noire des sites, non rendue publique, établie par l'administration, les FAI seront quant à eux tenus de bloquer l'accès à ces sites
- une obligation de filtrage des adresses IP désignées par arrêté du ministre de l'intérieur
Et attention, le blocage des sites n'est pas limité aux pages pédopornographiques! En effet, l'autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL) a le pouvoir de bloquer des flux financiers entre un joueur en ligne et un site n'étant pas labelisé ARJEL.
Bien entendu, cette autorité a le pouvoir d'exiger des FAI qu'ils bloquent l'accès à un site de jeux et de paris en ligne qui ne s'adresse pas au public français. Dernier exemple en date : L'ARJEL exige le blocage d'un site costa-ricain (11-01-2011).
Mais il n'y a pas que de l'illégal sur Megaupload!
Tout a fait, mais à l'inverse de Rapidshare, MegaUpload ne collabore pas vraiment avec les autorités, grâce à son pied à terre à Hong-Kong. Mais on peut donc imaginer, dans la Hadopi 3, la mise en place d'un Label Hadopi qui établirait la liste de site de stockage en ligne agréé par la Haute Autorité.
Peu à peu, le gouvernement français prend de l'aisance dans les technologies de contrôle de l'information sur les réseaux informatiques.
Peu à peu aussi ils placent leurs pions dans les entreprises du secteur. Orange - je n'ai rien contre eux - est gangréné depuis quelques années par des ex-membres du gouvernement. Le pire étant probablement Albanel, maman de la Hadopi et actuellement Directrice exécutive chargée de la communication, du mécénat et de la stratégie dans les contenus. Et bien Madame OpenOffice-est-un-parefeu pourrait bientôt devenir Madame Dailymotion...
...un pas de plus vers le verrouillage du contenu de la toile...
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Je suis peut être extrémiste mais, bienvenue en Chine. Plus ca progresse plus j'ai l'impression que la France régresse, vous vous rapprochez a grand pas de l'Iran et c'est lamentable de voir des gens aussi peu compétent dans ce domaine.
Je pense l'avoir déjà dis dans un autre de tes article sur HADOPI dans ses début : ca fait peur de voir des gens aussi mal informé sur le sujet, ca me laisse douter des compétence des autres représentant de la France. En même temps en Belgique ce n'est pas mieux... on a un gouverneme... attend on a un gouvernement ?
Bref quoi qu'il en soit je suis persuadé qu'il y aura toujours une solution a leurs "solutions"(anti piratage).
Face au filtrage, il y aura Effectivement toujours des solutions de contournement (proxy redirecteurs, VPN, réseaux décentralisés, ...) mais cela réduira grandement la vitesse de transfert, si intéressante dans le DDL.
"en Belgique ce n'est pas mieux... on a un gouverneme... attend on a un gouvernement ? " :D Juste merci pour cette phrase!
je suis tout à fait d'accord avec Sicw
Je suis globalement d'accord avec les arguments anti-hadopi. Je suis pour un partage libre et surtout un Web où l'anonymat est possible et débarrassé du flicage des internautes.
Reste la question qui est à la base de tout ça : si le piratage devient universel, comment financer la création artistique? Je ne m'inquiète pas pour les revenus délocalisés de Johnny, mais les plus petits, eux...
Moi je suis convaincu que l'objectif de nos dirigeants n'est pas le copyright. C'est simplement la seule raison qu'ils ont trouvé pour justifier leur prise de contrôle sur les informations qui circulent sur internet et mieux nous espionner!
Car depuis plusieurs années des médiathèques (bibliothèques municipales) mettent à disposition des DVDs de filmes / CDs de musique / logiciels info gratuitement pour les étudiants et les chômeurs et 10 eur /ans d'adhésion pour les autres.
D'ailleurs moi à la fin des années 90, j'empruntais tout le temps à la médiathèque et compressais le tout en mp3 et divx.
POURQUOI LA MÉDIATHÈQUE QUI PERMET D'ÉCHANGER DU COPYRIGHT GRATUITEMENT (quasi) C'EST LÉGALE MAIS LE TÉLÉCHARGEMENT SUR INTERNET ÇA ÉNERVE ???!!!
....ca n'a pas de sens !!!!
Excuse moi Anonyme, mais la différence entre la médiathèque et le téléchargement, c'est que la médiathèque te prête des DVDs, CDs, logiciels alors que le téléchargement te les donne.
De plus, la médiathèque a probablement payé certains droits de diffusion (après je ne m'y connais pas assez).
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