TF1, la chaine du service publique la plus regardée en Europe
Après les affrontements pro contre anti Moubarak en Egypte, la tempête de neige aux USA et le cyclone menaçant le nord de l'Australie, TF1 continu dans son infotainment catastrophe avec un titre digne d'un sujet de philo : "le civisme, une qualité qui se perd?"
Question tout à fait objective, ni rhétorique, ni orientée. On commence par une courte séquence sur le sort réservé aux héros : la mort. Comme le dit le Directeur du SRPJ de Montpellier : "Pour une simple altercation [...] on va se retrouver avec une personne armée", conseillant la prudence et l'appel aux forces de l'ordre.
Le début du reportage commence pas trop mal, mais à 1:07, lancez la séquence Michael Bay. Dans la scène du voyou attaquant et trainant par terre la vieille dame, il est reproché à une demoiselle, seule, de ne pas "s'arrêter pour la réconforter"...Pardon?
La séquence qui suit peu après avec le "chercheur" n'est qu'un tissu de banalités que l'on peut sortir n'importe quand et pour n'importe quelle période de l'histoire de la France.
Mais là où je veux en venir, c'est ce policier qui pourchassait le pick-pocket qui sert d'introduction : aujourd'hui les citoyens entravent la justice. Pour l'avoir vu dans une station de métro parisienne de la ligne 4, c'est vrai que lors d'une intervention policière des "Qu'est-ce que vous faites" et "laissez le tranquille" fusent.
Et si ces gens n'appellent plus la police, c'est parce qu'ils n'ont plus confiance en elle.
Quand la police de Ben Ali propose son savoir faire aux forces de l'ordre françaises
Bref, l'enquête foireuse de TF1 terminée, je retourne à mon PC et découvre via le twitter de linuxmanua une vidéo qui ne fera que renforcer mon ressentiment.
Manifestation tranquille, le maire d'une petite ville et des habitants bloquent le départ d'un train. Un deal avait été convenu entre l'élu local et le chef d'escadron de gendarmerie présent : après quelques minutes de sitting, ils s'en iront.
Mais si l'élu sort effectivement du cortège, d'autres habitants ne l'entendent pas de cette oreille et restent assis. Les gendarmes tentent, calmement d'abord, de dégager la voie ferrée.
A 1:22, quand un gendarme est touché de la main par un manifestant, on sent déjà que c'est un peu plus électrique.
1:43, sans raison nécessaire, le chef d'escadron asperge la foule de gaz lacrymo. A "bonne" portée d'abord. Puis quand un "vieil" homme (pardon monsieur mais vous avez des cheveux blancs) se rebiffe, coup de gaz lacrymo à moins de 20cm du visage. On voit la consternation jusque sur les visages d'autres gendarmes.
Par la suite, cela dégénère, notamment à cause de certains cow-boy. Regardez bien à 1:58, le gendarme le plus à droite. Quand il déplie sa matraque télescopique, on sent qu'il a déjà la gaule. On le retrouvera un peu plus tard à violer verbalement un pauvre bougre qui a du avoir le malheur de le toucher (~2:30), puis à 2:57 où il assène un coup de matraque dans le tibia d'un jeune déjà maîtrisé par un collègue.
3:20, une personne âgée, suite au gazage, est au bord du malaise.
La gendarmerie ne manque pas de tempérer ces images, se justifiant par un "la manifestation n'était pas aussi pacifiste qu'on veut bien le dire ou le montrer".
On a bien vu ça, la mamie criant "les gendarmes avec nous" était clairement en train de caillasser le train.
Ce n'est pas la première fois que la violence policière fait parler d'elle. Cet été j'avais été marqué par ces affrontements entre pompiers et policiers.
Apprécions la capacité des forces de l'ordre à gérer les foules...on en vient presque à regretter les patrouilles à la Red Warriors.
Alors pourquoi le peuple n'aime pas sa police, et sa police lui rend bien?
C'est un peu la réflexion de l'œuf et de la poule : qui des deux a déclenché l'escalade de haine?
En tout cas, le malaise est bien réel. En 2009, Amnesty International dénonçait dans un rapport dédié ces racaille tombées du bon côté, complètement au dessus des lois.
Dire que tout est de la faute d'Adolf Sarkozy et de son Goebbels d'Hortefeux serait simpliste...mais pas totalement faux. Tous les deux ministres de l'intérieur (avec entre autre MAM-Trabelsi), ils sont le moteur de la montée sécuritaire. Mettant sous pression la Police avec ces histoires de quota et en forçant à la répression.
La gendarmerie, "rattachée" au ministère de l'intérieur en 2009, par effet de bord a été éclaboussée par l'image dégradée de ses confrères civiles.
L'impopularité du président et du gouvernement actuel ne fait que reverser le dégout du français sur ses représentants du quotidien.
Ensuite il faut bien l'avouer, dans les forces de l'ordre, il y a des cow-boy. Ce genre de mec qui te colle leur carte sous le nez quand tu ne "respectes pas la priorité à droite" à l'entrée d'un carrefour giratoire. Ces types chauffés à blanc regrettant que rien ne se soit passé (et on ne parle pas de l'action sur le terrain de jeu) durant un événement sportif. Des cons, il y en a partout, mais quand un con a un semblant d'autorité, c'est tout de suite plus dangereux.
Et pour finir le français; qui a toujours été râleur, qui préfère se mettre du côté du plus faible (mais sans jamais intervenir)....
Le peuple français est borné...le poulet est un français...le poulet est borné...
...reste à savoir qui des deux fera le premier pas pour désenvenimer la situation, avant que cela ne dégénère à la manière de la Tunisie, de l'Égypte, et des autres qui suivront.




Très bon article, il soulève bien les violences gratuites de la part de ceux qui sont censés nous protéger et "garder la paix".
Ils sèment plus le chaos qu'autre chose lors de manifestations, ils doivent être formés pour. Et bien sur on peut compter sur eux quand on se fait agresser, "embêter" par des petits voyous ou qu'on se fait voler son "Scooter" (petit clin d'oeil ;).
J'ai vu ces violences de mes propres yeux : une charge de gendarmes contre une foule de lycéens véridiquement calme lors des mouvements contre la réforme des retraites. Un blocus filtrant était en place, la municipalité a été mise au courant la veille du blocus, la direction du lycée également. Le prétexte de la charge?
Un gendarme aurait reçu un projectile et aurait été blessé au visage : nous n'avons vu aucune personne blessée, les R.G. non plus.
Vive la France !
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