C'était le sujet de discussion de ce début de semaine. AptiQuant, sérieuse entreprise de test psychologique, avait rendu publique le 26 juillet une enquête comparant le QI et le navigateur web utilisé par les internautes. Toute la presse en a parlé, mais ce n'est pas pour autant que cela était vrai.
Désolé de décevoir les utilisateurs d'Opera, mais vous n'êtes pas plus intelligent que la moyenne. L'
enquête hi-tech qui a secoué les rédactions de la presse en ligne jusqu'au studio radio était un joli hoax.
Un site 100% copié sur un "concurrent"
Le pot aux roses a été découvert hier par
cbronline. Le site internet d'AptiQuant état un plagiat du site Central Test. Quelques extraits de la page "A propos" pour s'en convaincre :
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Central Test was established in 2002 by psychologist and business graduate, Patrick Leguide, who remains the company's president and CEO. Over the past few years, Central Test has become a world leader in the field of online psychometric testing."
"
AptiQuant was established in 2006 by psychologist and business graduate, Leonard Howard, who remains the company's president and CEO. Over the past few years, AptiQuant has become a world leader in the field of online psychometric testing."
Outre le texte, même la photo des équipes respectives était identique.
Incohérences temporelles et spatiales
Ensuite, il suffit de quelques recherches et d'un peu de bon sens pour confirmer l'évident. Par exemple un
whois sur le site nous indique que le nom de domaine a été déposé le 14 juillet 2011. Étrange pour un site qui se dit fondé en 2006. Étrange également l'adresse donnée à l'hébergeur, qui pointe au beau milieu d'un carrefour de Vancouver, sans aucune trace d'un AptiQuant dans les environs.
Les petits rigolos devaient se frotter les mains de voir leur canular repris sur tous les médias de la planète...jusqu'à ce que des associations d'utilisateurs d'Internet Explorer menacent de porter plainte. Dans les jours qui suivirent, AptiQuant diffusa
trois communiqués de presse, reconnaissant la fausseté de l'enquête et donnant des indices qui aurait du mettre les médias sur la piste du hoax.
Vérification des sources
Cette blague fait désormais sourire
ceux qui se sont pris au jeu.Mais il ne faut pas prendre cela trop à la légère. Rappelons tout de même qu'une enquête psychologique bidon (et ségrégationniste dans un certain sens) a fait le tour du monde, que beaucoup de gens ont appuyé et "prouvé" les dires de l'enquête, et qu'il a fallu près d'une semaine entre sa publication et la révélation au grand jour du bidonnage. On en revient encore au problème de la vérification des sources. Car si dans certain cas
le journal n'y peut pas grand chose, ici on a bien à faire à la reprise massive d'une information, sans qu'aucune recherche basique (ne serait-ce que le coup de l'addresse ou du whois) n'ait été réalisée.
C'est grave, certes, mais de mon point de vue il y a encore plus grave!
Et si cette enquête cachait dans son PDF un virus?
On le dit et on le redit depuis le début de cet article, l'enquête a fait le tour du monde. L'enquête...qui est au format de fichier PDF. PDF, qui est une création de la société Adobe...dont les produits (et notamment Adobe Reader) concentre le plus de
vulnérabilités, et ce depuis des années.
Avec l'affaire du
piratage de Bercy, on aurait pu penser qu'au moins les journalistes français se poseraient la question avant d'ouvrir le fichier contenant l'enquête. Visiblement non, et personne après la révélation du canular ne réalise "Ah bah ouais tiens, si le PDF avait été piégé, on aurait été dans une belle ...". (Faux! une personne
s'est posée la question...mais c'est un consultant d'une société d'antivirus...et il se l'est posé après avoir ouvert le fichier...)
Bref, il ne faut plus se demander pourquoi des affaires comme
le piratage de 3/4 des Coréens du Sud, ou encore l'affaire
Shady Rat, arrivent. (et arriverons encore, je compte vous le prouver très bientôt)
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