Dans notre histoire, quelques événements ont été source de sursauts technologiques et scientifiques. Mais aucun événement n'a bouleversé la technologie autant que la seconde guerre mondiale. La période 39-45 est l'application à l'échelle mondiale des concepts d'industrialisation et de production de masse. L'attention des scientifiques du monde entier se tourne vers des travaux susceptibles d'accélérer la résolution du conflit: médecine, énergie nucléaire, génie aérien ou maritime, etc. Vaccin contre le typhus, Enigma et ses décodeurs, les fusées V-2, les trompettes de Jéricho des Junker Ju 87, nous connaissons certaines de ces inventions, mais d'autres sont encore bien cachées.
L'OSS fut dissous en octobre 1945 pour faire place à la fameuse Central Intelligence Agency. Sa mission officielle est de fournir et analyser des informations sur les gouvernements, les entreprises et les individus de tous les pays du monde - et dans 3% des cas de conduire des opérations clandestines à l'étranger. Soit, mais quand on regarde son bilan, il n’y a pas de quoi pavaner. La CIA a été incapable de faire remonter de graves crises comme la première bombe atomique soviétique (1949), l'invasion de la Corée du Sud (1950), les soulèvements antisoviétiques en Allemagne de l'est (1953) et en Hongrie (1956), le déploiement de missiles soviétiques à Cuba (1962), la guerre israélo-arabe de 1967 et l'invasion du Koweït par Saddam Hussein en 1990. Elle a surestimé les capacités militaires soviétiques dans les années 1950 puis les a sous-estimées dans les années 1970. Et depuis 2001, le service le moins secret du monde est régulièrement critiqué par son absence de stratégie contre le terrorisme.
Tout cela pour une seule et bonne raison : ce n'est pas le travail de la CIA. C'est une couverture pour un service qui a besoin d'énormément de moyen pour fonctionner, mais dont toutes les opérations doivent être secrètes. La CIA est en fait une sorte de gardien pour les inventions les plus terrifiantes de la seconde guerre mondiale. Voici l'histoire d'une d'entre elles.
Le 2 août 1939, Albert Einstein rédige une lettre au président Roosevelt qui contribue à enclencher le projet Manhattan. En 1945, lorsqu’il comprend que les États-Unis vont réaliser la première bombe atomique de l’histoire, il prend l’initiative d’écrire une nouvelle fois à Roosevelt pour le prier de renoncer à cette arme. Mais il est déjà trop tard. Il trouve alors une solution au niveau quantique. Suite à une expérience de mécanique quantique effectuée en 1943 (plagiée quelques décennies plus tard par Marlan Scully), Albert découvre qu'il est possible de modifier l'état antérieur d''une particule, de modifier son "passé". Accaparé par le projet Manhattan il n'avait pas eu le temps d'aller plus loin, même s'il avait pris des notes précisant la base d'une application à l'échelle macroscopique. Il met alors son cerveau en branle et pond quelques mois plus tard un prototype : c'est la première machine fonctionnelle pour voyager dans le temps.
Son idée? Il aimerait revenir dans le passé et ne pas envoyer sa première lettre à Roosevelt. La démence le gagne peu à peu. Obsédé par la correction de son erreur, mais tiraillé par son éthique et sa compréhension de la modification de la causalité espace-temps, le génie que l'on connait se transforme en savant-fou. Le FBI remarque ce changement de comportement et inspecte alors les travaux du chercheur allemand. Ils tombent alors sur la Time-machine et comprennent les bouleversements qu'elle peut induire sur toutes les humanités de toutes les périodes de l'histoire. La décision est prise d'élever la protection de cette découverte au niveau fédérale : elle incorpore donc le tout nouveau projet CIA.
La machine à remonter dans le temps fut le premier gros dossier traité par l'agence. Il fallait déjà cacher son existence, et à la vue des risques de modifications temporelles il fallait également dégouter toute personne de vouloir entreprendre des explorations des temps passés. C'est cette seconde mission qui fut la plus ardue. En effet, remonter le temps est ancré dans la culture populaire, la première mention remontant au personnage de Merlin l’Enchanteur dans le cycle arthurien des Chevaliers de la Table ronde, qui visitait les temps passés. La CIA mis alors en place la plus grande campagne temporelle de propagande en inventant....les dinosaures.
L'inspiration vint de l'enfant d'un des analystes de l'équipe Time-machine, qui après avoir vu un vieux cartoon de 1914, "Gertie the Dinosaur" (Winsor McCay), racontant l'histoire d'un monstre, était terrifié à l'idée d'aller en cours d'histoire. Le concept était trouvé : créer un monstre du passé tellement horrible que la simple idée d'un bug lors d'un voyage et se retrouver du temps de Gertie serait une torture morale insoutenable. C'est ainsi que biologistes, historiens, plasticiens et scientifiques travaillèrent à l'élaboration de ce "passé". Mais à un moment, une question se posa à eux : "ne serait-ce pas trop grillé que d'un coup comme ça, au milieu du XXème siècle, on apprenne que notre terre était peuplée de sortes d'hydres et de monstres du Loch Ness?" Si, bien sûr que si. Un dilemme devait alors être percé : pour prévenir que quelqu'un tente un voyage dans le temps, la CIA devait-elle elle-même en réaliser un? Et surtout jusqu'où remonter pour ne pas risquer de se retrouver nez à nez avec un dinosaure fraichement inventé en cas de bug de la machine? L'année 1822 fut choisie, et l'équipe d'infiltration fixée : Gideon Mantell pour la découverte, William Buckland pour la publication scientifique et Richard Owen pour la terminologie. L'histoire était lancée.
Au-delà des preuves scientifiques, il fallait également créer un état de peur. C'est pourquoi romanciers et cinéastes furent recrutés pour donner vie à la légende. “Lost continent (1951)”, “Dinosaurus (1960)”, “Quand les dinosaures dominaient le monde (1971)”, “Reptilicus(1962)”, “Carnosaur (1993)”. Le mythe du dinosaure est créé. Les productions sont savamment disséminées dans le temps, en fonction de l'actualité et des recherches scientifiques. Par exemple en 1985, sortie du film hérétique "Retour vers le futur". 1988, "Denver, le dernier dinosaure" dépeind une facette amicale des dinosaures et le second volet de "Retour vers le futur" est rendu public. Contre-attaque violente de la CIA avec en 1990 la parution du roman "Jurassic Park" de Michael Crichton. 1993 sorti du film par Spielberg, piqure de rappel en 1997 puis 2001. De nos jours, Joe Johnston serait en train de travailler sur une nouvelle trilogie.
Toutes ces propagandes se reposent sur un même schéma : des combats avec des hommes préhistoriques ou des dinosaures ayant survécu dans des régions inhabitées du globe. Et c'est ici que se trouve une des plus grosses erreurs de "scénario" du projet Time-machine : lors des fouilles archéologiques, aucune peinture rupestre n'a montré de scènes de combat entre humains et dinosaures.








rofl... et les ossements retrouvés ? ^^
Placés par Gideon Mantell à partir des pièces créées par les plasticiens, pardi!
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